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Rémering-lès-Puttelange / Dans nos campagnes, on devenait mineur mais on restait paysan…

par Marie-Jeanne PIERRET

publié dans histoire locale

Le travail agricole nourrissait pauvrement et beaucoup de chefs de famille abandonnèrent leur lopin de terre pour devenir journaliers, maçons, menuisiers ou offraient leur service à l’un ou à l’autre, au besoin ; les épouses s’occupaient de la seule vache de l’étable, du cochon, de quelques volailles et cultivaient le jardin.

 

Le manque d’argent et les avantages sociaux incitèrent bien évidemment bon nombre de fermiers, avec leurs fils en âge de travailler, à rejoindre la mine tout en gardant un petit train de culture. Dans les années 1960, ces mineurs paysans constituaient 40 % de la population active des H.B.L. Le bon sens, l’habileté à manipuler les outils permirent à ces hommes de la terre de s’intégrer avec une certaine aisance et de devenir des professionnels de qualité.

 

Les mineurs paysans, surnommés « Gaumänner » étaient très estimés par les responsables syndicaux. Bien des organisations syndicales ont bâti leur influence sur cette catégorie de personnel. Ces hommes de la campagne, lors des grands conflits sociaux, résistaient plus longtemps et pouvaient faire durer une grève du fait de leur activité annexe, contrairement aux hommes de la ville et des cités qui, eux, n’avaient que leur salaire de mineur pour vivre.

 

A l’occasion d’un de ces grands conflits, les partisans communistes de notre village allaient jusqu’à « caillasser » les bus de mineurs, abattaient les arbres pour couper les route de ces mêmes bus pour empêcher les non-grèvistes de se rendre sur leur lieu de travail.

 

La journée d’un « Gaumann » était longue. Absent pendant près de 13 heures du domicile, le mineur devait faire le trajet jusqu’à la gare de Farschviller, puis le retour après le travail pénible de la mine, en vélo. De 1912 à 1936, une navette fut mise en place ; un petit train « le Schängel » effectuait onze allers-retours par jour entre Puttelange et Farschviller. Le trajet durait 7 minutes dans le meilleur des cas. Puis des circuits d’autobus furent instaurés. Mais l’époque de ce petit train est devenue une épopée et reste gravée dans bien des souvenirs.

 

Petit à petit le métier de mineur s’imposa dans notre village. Une centaine de Rémeringeois travaillait aux Houillères du Bassin de Lorraine dans les années 50 ; le village comptait alors environ 600 habitants. Le nombre de mineurs dans notre commune varie en fonction des besoins de l’entreprise. Juste après la guerre, ce sont les mineurs qui contribuèrent à la relance ce notre pays. Les mineurs n’étaient-ils pas « les premiers ouvriers de France » ?

 

En 1963, Rémering compte 89 mineurs pour 697 habitants puis 49 sont recensés en 1982. 1984 connaît le dernier souffle sous l’effet « Mitterrand » avec 56 mineurs dénombrés au village. A partir de 1990, le déclin s’amorce avec 32 mineurs, chiffre qui se réduit à 16 en 1999 et, à ce jour, Rémering ne compte plus qu’une dizaine de salariés H.B.L. pour une population de plus de 900 résidants. Quant au personnel féminin, trois femmes du village seulement (l’une a quitté le village) furent embauchées aux Houillères du Bassin de Lorraine au cours des trente dernières années, et ce à un poste administratif à la Direction Générale.

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