Rémering-lès-Puttelange / Ils ont donné leur vie à la mine
Pierre Ditsch
Le 26 mars 1925, le pays minier est affecté par sa première grande catastrophe. C'est arrivé au Puits Reumaux; la cage chute au fond du puits et provoque la mort de 56 mineurs. Le village de Rémering-lès-Puttelange porte le deuil de Michel Ditsch qui est né le 26 janvier 1897. Entré à la mine le 24 novembre 1923, il fut l'une des victimes. Moins de 20 ans plus tard, c'est son frère qui disparaît. Né à Rémering le 8 mars 1911, Pierre Ditsch entra à l'âge de 17 ans, en juin 1928, au service de la mine, comme beaucoup de ses camarades. En 1942, il travaillait au puits de Sainte-Fontaine et c'est le 20 juin de cette année-là qu'il y perdit la vie. Le souffle de l'explosion le projeta au fond du tubbing, ne lui laissant aucune chance. Cet accident fit une deuxième victime, un dénommé Bierg Adolphe de Puttelange.
Fernand Riff
Fernand Riff était le troisième d'une fratrie de quatre garçons. Il choisit l'apprentissage de la menuiserie comme l'un de ses frères, l'aîné et le benjamin préférant la maçonnerie. Finalement, ils optèrent tous les quatre pour la mine, comme leur papa. Fernand fit ses premiers pas au fond, à Sainte-Fontaine, en mai 1951. C'était un beau jeune homme, dynamique, sympathique, fiancé à une jolie jeune fille... Toni Bernadotto de Holving se souvient. Ce jour-là, aux bains-douches, Fernand lui a annoncé qu'il venait de recevoir sa feuille de route et qu'à partir du 11 janvier 1953, il allait effectuer son service militaire. Au fond, leur travail consistait à déplacer des berlines. Toni découvrit son camarade Fernand étendu près des berlines, paisiblement, sans la moindre trace de blessure. La "spitz", qui servait à freiner les wagonnets, lui avait brisé les cervicales. C'était le 30 décembre 1952.
Victor Dudot
Né le 16 mars 1908, Victor Dudot est embauché le 1er novembre 1925 à Petite-Rosselle. Le 17 janvier 1954, un dimanche matin à la fin du poste de nuit, Victor Dudot et un autre camarade sortaient les derniers de la cage lorsqu'une fausse manoeuvre la fit descendre. Le collègue fut projeté à l'intérieur de la cabine mais Victor Dudot resta coincé. Les sauveteurs ne purent que constater le décès par écrasement de la cage thoracique. Il avait 46 ans. Son épouse restait seule avec son fils de 9 ans. Elle dut arrêter le petit train de culture qui permettait "d'arrondir les fins de mois" qu'elle tenait avec son époux. Pour lui permettre d'élever correctement son fils Bernard, elle entreprit de travailler épisodiquement comme cuisinière chez des particuliers.
Aujourd'hui, sainte Barbe qui se dresse en face de l'église du village est là pour que les nouvelles générations continuent à se souvenir des hommes courageux qui ont sacrifié leur vie dans la bataille du charbon.

